Nouvel an à la palmeraie de skoura au maroc

Publié le par Emilie se balade

 

En ce dernier jour de l'année 2010 nous arrivons à Skoura et nous nous arrêtons à l'entrée de la palmeraie pour manger à coté d'un oued à sec.  Toujours en toile de fond le haut atlas que nous allons bientôt quitter.

N'ayant pas envie de faire la sieste aujourd'hui je m'éloigne un peu et monte sur le plateau de cailloux de l'autre coté de l'oued. De la, la vue est magnifique. J'ai fait plusieurs panoramas à 360° durant ce séjour, j'essayerais de vous les montrer plus tard.

 

 

La surprise du jour, c'est que ce soir pour le réveillon nous ne bivouaquerons pas. Redouane notre chauffeur habite la palmeraie et nous invite chez lui pour passer la soirée.

Nous poursuivons donc à l'intérieur de ce dédale de chemins pour finalement arriver dans son village. Ne connaissant pas la route on passe derrière le camion et donc mangeons un peu de poussière!!

 

 

 

Après quelques kilomètres nous arrivons donc dans ce village, en bordure de la palmeraie. Nous sommes accueillis par Ikram et Abdelhei, les enfants de notre hôte. Durant tout le temps que nous passerons la-bas, les femmes resteront effacées, tradition marocaine.

 

 

 

Nous allons visiter le jardin familial (il a deux frères). Celui-ci est immense, entouré d'un mur d'enceinte au bord d'un désert de sécheresse (au dessus et juste en dessous). 3 portes s'ouvrent d'ailleurs sur le néant! Des canaux d'irrigation saillent les parcelles pour leur donner vie.

 

Retour à la maison dans la maison des invités. Un immense salon séparé en 4 nefs, des canapés tout autour, des tables basses au milieu. Au milieu un couloir 'virtuel'. Des que l'on rentre dans l'une des nefs, on retire ses chaussures pour ne pas salir les tapis. Pas de fenêtres sauf un puits de lumière au plafond. Au fond de la pièce, une petite salle, mur tourné versla Mecque. A l'entrée la salle de bain. Un lavabo dans le couloir et une petite pièce avec un toilette turc (seau et robinet pour chasse d'eau) qui sert aussi de douche.

 

Les femmes restent effacées physiquement mais sont quand même bien présentent de par la profusion de nourriture qui arrive sur notre table. Il est à peine 16h, c'est l'heure du café au lait (noss-noss) pour changer un peu du thé. Le lait arrive tiède et le café chaud. On nous sert en fait dans une tasse tout ce qu'il y a de plus classique, trois-quart de lait et un quart de café. Le sucre contrairement au thé, n'est pas obligatoire et reste à la discrétion de chacun.

Le tout est accompagné de pâtisseries marocaines, très sucrées elles aussi.

Nous sommes vendredi et la tradition c'est le couscous. Un énorme plateau de couscous au poulet arrive donc sur la table, à 16h après le café-gâteaux! Personne n'a vraiment faim mais par politesse, tout le monde doit manger un peu. C'est tellement bon, qu'il ne restera rien dans le plat!

 

 

 

Pour digérer un peu, nous demandons à aller nous promener. Pendant que les locaux vont 'en ville' pour trouver le chocolat et les bananes qu'on leur demande pour faire le dessert, les enfants encore timides nous servent de guides.

 

      

 

L'endroit est calme, empreint de sérénité.

 

 

2h plus tard nous sommes de retour pour une petite douche. On tiédi l'eau sur le réchaud gaz qu'on apporte spécialement pour nous... Et puis on s'habille un peu mieux que depuis le début de la semaine, on met même un peu de sent-bon!

 

Pour patienter on regarde 'National Géographic' en arabe sans sous-titre (les images quoi!). Il n'y a pas l'eau chaude mais par contre le câble est fourni, avec 300 chaînes dont une en français! On fait connaissance avec Ikram, la petite de 7ans qui nous apprend à écrire arabe! Elle parle, je ne comprends pas tout mais c'est pas grave, ça la fait rire, je lui répond en français, elle me fait des grimaces!

 

Avec Sophie nous avons le droit d'aller en cuisine pour préparer notre dessert. La maison est très sobre et pas vraiment éclairée. Nous passonsà travers plusieurs pièces vides, faites de béton brut. C'est tout ce que nous verrons. Il y a deux femmes dont une porte un bébé sur son dos et se fait balloter dans tous les sens au gré des mouvements de sa mère. Elles sont habillées en robe de chambre rose et s'affairent autour des popotes. La pièce est petite mais remplie. Un évier en émail, un four pour faire cuire le pain, un vaisselier en bois, une table basse et deux petits tabourets. C'est tout. Pour l'occasion surement, trois réchaud trônent dans la pièce voisine avec des plats à tajine qui mijotent. Elles parlent quelques mots de français et nous savons demander une assiette et un couteau en arabe.

Elles nous regardent d'un oeil curieux couper nos bananes et y ajouter les carrés de chocolat avant d'envelopper le tout dans le papier d'alu. Ikram nous aide en coupant les carrés de chocolat. On essaye tant bien que mal d'expliquer ce qu'on fait et qu'on va les faire cuire dans le feu (afia). Première fois que la barrière de la langue est un problème pour se faire comprendre. Pendant ce temps là, les gars ont commencé à faire le feu.

 

Puis vient le moment de repasser à table! Les frères de notre hôte arrivent. L'aîné parle français couramment, les deux cadets seulement quelques mots.

La cérémonie commence par le lavage des mains. Le plus jeune passe avec une bassine et ce qui pourrait ressembler à une théière. L'eau y est tiède, le savon liquide rose. Il passe devant chacun et verse de l'eau sur les mains de tous les invités.

Nous commençons par un thé à absinthe. Les français se retrouvent d'un coté, les marocains de l'autre. Nous continuons avec de la soupe de vermicelles au cumin. Pour l'accompagner des dates et des amandes.

Dans un coin de la pièce la télé est toujours allumée. Le nouvel an n'est pas vraiment une fête en soi ici mais les images des feux d'artifices du monde entier sont retransmises en boucle. Nous regardons l'émission de la soirée, des chansons venues du monde arabe.

Nous poursuivons avec un tajine mouton pruneau. Nous mangeons tous dans le même plat et ce soir pas de couverts. Le pain et la main droite. Comme premier dessert une clémentine. Puis viennent la 'louisa' (verveine) accompagnée d'un gâteau au miel.

 

Nous rejoignons ensuite le feu, pour changer un peu de la télé. On était tellement déconnectés durant cette semaine, que personne n'avait vraiment envie de la regarder. Et puis de toute façon on ne comprend rien.

Comme si nous n'avions pas déjà assez mangé, on met les bananes dans le feu, maintenant qu'elles ont prêtes de toute façon. Et puis c'est tellement bon!

 

On restera jusqu'à 2h du matin à regarder tantôt le feu, tantôt les étoiles... c'est la dernière nuit que nous passons 'dehors'.  

 

 

 

Après avoir passé une très bonne nuit au chaud dans la salle de prière, nous repartons le lendemain matin pour le centre de Skoura à 7km de là ou nous attend un minibus pour la suite des aventures.

 

 

A+ pour+

Publié dans Itinérances

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