La Vida Loca - Christian Poveda

Publié le par Emilie se balade

On les appelle les Maras. Construits sur le modèle des gangs de Los Angeles, ces groupes de jeunes sèment la terreur dans toute l'Amérique Centrale. Plongée dans les banlieues de San Salvador dans le quotidien des membres d'une armée invisible. Nouveau fléau mondial qui détruit par la violence aveugle les principes démocratiques et condamne à mort une jeunesse privée de tout espoir d'avenir.

Ce film (documentaire) passe en ce moment en cinémanie à Auxerre mais était sorti en france en septembre. Vous trouverez toute l'histoire et un très bon synopsis ici.

Cette sortie prend une saveur particulière : même devant la puissance du propos, on ne peut s’empêcher d’avoir une pensée pour son réalisateur, Christian Poveda, assassiné par balles le 2 septembre dernier. Si les auteurs du crime ne sont pas connus, il y a de fortes chances que les membres de la Mara 18 (gang salvadorien réputé pour son ultra-violence) principaux protagonistes du film, n’y soient pas étrangers. Pendant seize mois, le réalisateur avait réussi à tisser des liens étroits avec la plupart d’entre eux. Au point de pouvoir filmer leur quotidien, en immersion totale. D’où ces images chocs.Son investissement dépassait le cadre journalistique, comme en témoigne cette anecdote, confiée par l’intéressé dans un entretien au sujet du film (propos recueillis par Arnaud Soulignac) : « Un dimanche matin, le téléphone m’a réveillé, m’annonçant l’assassinat de La Chucky, 18 ans et enceinte de 6 mois. L’appel signalait que son corps gisait encore dans une des rues de Soyapango. Je suis parti à sa recherche, sans caméra, comme un fou. Pendant plus de deux heures, j’ai fait le tour de la ville et de toutes ses instances, pour finalement la trouver bien vivante en train de faire son marché… J’avais complètement oublié mon film pour me retrouver, un instant, dans la situation d’un père désespéré qui recherche son enfant. »

Pas d'avenir pour ces jeunes de la 18, emprisonnés dans ce gang jusqu'à leur mort. Tatoués aux bras ou au visage, ils ne peuvent nier leur appartenance. Au cours du film on voit de nombreuses veillées mortuaires ou le rituel est connu par coeur de tous tellement il est récurant. Même ceux qui tentent de s'en sortir (grâce à la reinsertion dans une boulangerie par exemple) passeront à un moment du film, au tribunal, derrière les barreaux ou au fond du trou... Pas d'avenir possible pour ces filles qui à 18 ans, ont déjà plusieurs mômes sans pères... pour les gars non plus d'ailleurs.
C'est dur et le réalisateur le montre bien.
A voir donc,

A+ pour+ 

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