Kasbah d'Ait Benhaddou, patrimoine mondial de l'UNESCO

Publié le par Emilie se balade

Aït-Ben-Haddou est un Douar (Village) du Maroc situé dans la province de Ouarzazate. Il se présente comme un ensemble de bâtiments de terre entourés de murailles, le ksar est un type d'habitat traditionnel Présaharien. Les maisons se regroupent à l'intérieur de ses murs défensifs renforcés par des tours d'angle. Aït-Ben-Haddou est un exemple frappant de l'architecture du sud marocain traditionnel. Tout autour de ce douar un ensemble de villages se regroupe. Tous ont été attirés par une rivière qui traverse une vallée. Les habitants de ces douars sont pour la plupart des berbères anciennement nomades qui ont ensuite choisi la sédentarité pour des raisons diverses.

 

 

Latitude : 31° 2'47" Nord
Longitude : 7° 8'30" Ouest

 

 

Selon la tradition orale, la première construction serait Ighrem n'iqqdarn (grenier communautaire) élevé au dessus de la colline. Une princesse juive aurait gouverné les lieux avant l'avènement de l'Islam. A l'arrivée des musulmans, cette princesse s'est enfuie après avoir combattu et brûlé les récoltes. Certains trouvent dans cette légende des similitudes avec le personnage de Kahena, reine chrétienne qui exerçait un pouvoir dans les Aurès (en Algérie) et s'opposa à la progression de l'islam au Maghreb.   

D'autres sources attribuent la fondation à un homme venu du désert, nommé Aïssa, d'où le nom de ses habitants: les Aït Aïssa (les descendants de Aïssa), et pendant longtemps le village était nommé Ksar Aït Aïssa ou Ighrem n' Aït Aïssa. L'appellation actuelle - ksar Aït Ben Haddou- est relativement récente.

D'après les monographies faites sur le ksar des Aït Ben Haddou, sa fondation remonterait au début du XVIIIème siècle. Un document laissé par le notaire du village - hérité par son fils - nous rapporte que le premier noyau du ksar aurait été fondé par les Aït Aissa Ou H'mad au XIème siècle. L'ensemble des kasbahs du Ksar Aït Ben Haddou a été construit au XI ème siècle dit-on. Ses premiers habitants appartiennent à la fraction Aït Aïssa Ou H'mad à laquelle appartiennent les Aït Ben Haddou.

Les armées de Youssouf Ibn Tachafine passa par la région venant du Sahara et se rendant à  Marrakech. A cette occasion, il nomma Ben Haddou Cheikh de cette tribu. Celui-ci prit comme résidence ce village qui porta son nom. Certains chercheurs trouvent des affinités architecturales avec plusieurs forteresses érigées par les Almoravides (1062 - 1147) le long de la route des caravanes.

Vraisemblablement, le ksar des Aït Ben Haddou aurait servi de relais sur cette route du commerce, ainsi que celles des caravanes venues du Tafilelt pour gagner Marrakech (le Haouz) par la vallée de l'Ounila et le col du Tichka.

En tous cas, la fondation du noyau de l'ensemble est intimement liée à la tribu Aït Aïssa Ou H'mad, une fraction de la grande tribu Aït Zineb issue de la confédération des Aït Ouaouzguite. A en croire la source dont on dispose, les Aït Aïssa furent " destitués " de leur pouvoir sur le contrôle du trafic, par le sultan Almoravide Youssouf Ibn Tachafine qui ordonna à l'Amghar Ben Haddou de s'y installer pour gouverner le lieu.

Toutefois, le ksar est resté lié pendant longtemps aux Aït Aïssa, mais à une époque tardive, marquée par le pouvoir des Glaoua sur la région, il est devenu le fief des Aït Ben Haddou. La rareté de sources historiques - encore moins celles des indices archéologiques - imprégnée de légendes, ainsi que les confusions au niveau de la toponymie rendent assez difficile, la tâche de dresser un historique du site. 

 

     

 

Et puis ... Vous saviez qu'à Aït Ben Haddou, on avait vu passer "Jésus de Nazareth, Lawrence d'Arabie, Shéhérazade, Indiana Jones, Cléopâtre, Samson & Dalila, et mêmes de Féroces Gladiateurs" ?
Haut lieu de tournage, Aït Ben Haddou a su attirer  les plus Grands Réalisateurs tels que : Ridley SCOTT, Bertolucci, Zeffirelli, Steven Spielberg, et bien d'autres.

 

 

 

Ce style d'architecture, bien que répandu dans le paysage des vallées du Sud, n'est quasiment plus construit. Peu de Ksour sont aujourd'hui habités et la plupart tombent en ruines, abandonnés par leur propriétaires. Aït Ben Haddou est le plus célèbre et le plus utilisé des Ksour en termes d'image. La qualité esthétique de cette architecture confère au Ksar une grande valeur culturelle et touristique.

Cette forme architecturale résulte de la prouesse technique de ses bâtisseurs de terre, sur les pentes abruptes de la colline. L'origine de la technique du pisé n'a pas encore été clairement déterminée par les archéologues, mais des études étymologiques sur les divers noms donnés à cette technique autour du bassin méditerranéen font penser qu'elle aurait été inventé par les Berbères. la qualité de cet ensemble fascine les spécialistes de la terre du monde entier, et reflète le savoir-faire exceptionnel des berbères. On trouve au Ksar non seulement du pisé, mais aussi des adobes et tout une déclinaison de décorations, obtenues par des appareillages savants de briques et par façonnement direct dans le mur.

  

 

Donc je n'ai rien inventé, tout est sur ce site très bien fait par les habitants du ksar.

 

 

 

C'est à cet endroit que nous quittons Redouane, Ibrahim (shukran bezaf) et nos vélos (à eux aussi). Demain s'achèvera notre voyage. Retour à Ouarzazate en minibus. Retour à la 'civilisation'... même si en quelques heures ici nous avons croisé plus de touristes qu'en une semaine sur les plateaux, ça ne me manquait pas.

 

A+ pour+

Publié dans Itinérances

Commenter cet article