un week end de novembre

Publié le par Emilie se balade

Reprenons les bonnes vieilles habitudes, ça fait un petit moment que je ne vous ai pas raconté mon week-end….

 

Donc comme je vous l’avais dit dans mon précédent message, j’ai navigué en J92.

 

Samedi, à bord : A la barre Patrick, à la grand-voile Marie Christine, à l’embraque et au piano, Marco et David et à l’avant moi.

 

Le rendez vous était donné au port à 12h00. Tout le monde à l’heure, sous un beau soleil et une petite brise, par contre il ne fait pas très chaud. Nous gréeons le bateau et partons un peu avant 13h00 pour faire des petits bords et se caler les uns par rapports aux autres. Ça semble aller pas trop mal. Le départ est lancé à 13h30 entre le polder (la digue) et la Bouée Du Moulin Blanc. Comme plusieurs autres bateaux, nous grillons le départ, 8s d’avance sur la ligne… Dans ces cas la pour réparer notre faute nous sommes censés faire le tour du comité (la il était sur la digue donc pas possible) ou de la bouée de départ. Il y avait trop de bateaux entre nous et la bouée pour aller refaire le tour tout de suite… tant pis nous ferrons la manche et serons disqualifiés. En général il est quand même plus intéressant de faire la manche en tête que de retourner faire le tour de la bouée et se retrouver enfermés au milieu de plein de bateaux… bien sur tout dépend de l’enjeu : la y’en avait pas vraiment !

Donc nous partons bien, et très vite nous arrivons à nous dégager des bateaux qui se trouvent autours de nous, seul les Open 7.50 partent rapidement devant.

Le parcours du jour si mes souvenirs sont bons : départ du Moulin Blanc, Penoupelle, Renard, Rade Une, Rade deux, arrivée devant le port.

 

Le vent oscille entre 10 et 15 kn (sachant que 1kn=1noeud=1mile/heure et que 1mile nautique = 1,852km, si le plaisir vous en dit vous pourrez faire vos petits calculs). C’est parfait pour le bateau d’autant qu’à 5 nous sommes assez légers. Nous passons la première marque de parcours dans les 5 premiers, les 2 Open sont devant et nous nous battons avec un 747 et un JPK. Sur le deuxième bord, il y a une option tactique à jouer partir à droite ou à gauche. Le 747 part à droite, fallait pas ! Nous partons à gauche, bien pensé ! Sur le bord suivant, il faut envoyer le spi… gros merdage, je le savais en plus, l’écoute était prise dedans ça allait pas le faire… une fois le tour défait, le JPK est revenu sur nous mais pas pour longtemps. Après la bouée suivante, le bord devient trop serré (notre direction est trop proche de celle du vent) pour garder le spi. On l’affale, et puis on le renvoie dès que ça redevient possible. Finalement on passera la ligne juste devant le 747 qui est bien revenu sous spi, et le JPK. Seuls les Open l’ont passée avant nous, mais de toute façon ça change rien, nous sommes OCS. Super journée quand même, vent, soleil : nickel !!!

 

Le dimanche : A bord : A la barre David, à la grand-voile Armelle, à l’embraque Marco et Fabien, au mât Timothée et moi à l’avant.

Rendez vous au bateau à 9h30. Il pleut déjà, petit crachin breton quoi…mais il fait moins froid que la veille. On grée rapidement le bateau et on décolle du ponton une demi-heure plus tard.

Comme d’hab on fait nos petits bords de test pour se caler, il y a environ 17-18kn (voir plus haut pour la traduction en km/heure), on a mis le petit solent (suivant les bateaux ça varie un peu, mais en général on a le choix entre plusieurs voiles (qui peuvent être faites de différents tissus) suivant le vent, la mer). Je retends l’étais, et les haubans, 2 puis fianlement 4 tours en plus ! Le vent doit monter encore un peu, c’est pour ça, qu’on a choisi une voile plus petite que la veille. Le départ est lancé à 11h00 et il pleut toujours… le vent monte dans les 20kn. Je commence à avoir les pieds vraiment mouillés. En général pour le départ le n°1 (donc la c’était moi) va se placer  tout à l’avant du bateau (et par conséquent se prend toutes les vagues en avant première (si si je vous jure c’est que du bonheur) pour indiquer aux autres équipiers et surtout au barreur, si il y a des bateaux qui vont le gêner et à quelle distance on se trouve de la ligne (pour en être le plus près possible au top départ). Bon départ.

Parcours du jour (gilet de sauvetage obligatoire), après une bouée de dégagement, il va falloir se diriger vers la sortie du goulet, et même en sortir, aller passer la bouée ‘Charles Martel’ puis une autre bouée qui fait office de ‘dog leg’ pour retourner vers ‘Rade Une’ puis ‘Rade Deux’ avant de passer la ligne d’arrivée à proximité du Moulin Blanc.

Pour ceux qui ne connaissent pas du tout Brest, le goulet est une sorte d’entonnoir par ou se vide et se remplit la rade avec les marrées. C’est donc un endroit ou le courant est important et ou la houle peut être relativement importantes.

Et plus nous nous rapprochons de l’entrée de ce fameux goulet, le vent continue de forcir, 22-24kn, et la houle de grossir. Heureusement, un peu de répit, la pluie cesse. Nous privilégions le coté droit pour sortir du goulet. Le JPK est parti en tête, derrière lui le Figaro 2 ‘Comptoir Immobilier’, Rubson (un Bongo), les Open 7.50 (qui souffrent quand même un peu, vous vous souvenez du bateau sur lequel j’avais navigué début juillet à La Rochelle ‘Pragmatic’, et bien ce sont leurs grands frères en beaucoup beaucoup plus puissants), il y a aussi dans les parages les Figaro1 et peut être quelques autres que j’oublie.

Au fur et à mesure nous revenons sur un Open et distançons les Figaro, ça se passe pas mal pour nous, le vent atteint les 28kn (mes colocs (qui naviguaient sur un autre bateau) me diront avoir vu dans le goulet du 37.5kn !). La houle par certains endroits, nous promet de beaux ‘plongeons’. Au creux de certaines vagues on ne voyait plus le mât des bateaux à moins de 500m de nous. Mais bon y’avait ‘rien’. Arrivés à Charles Martel environ 1h30 plus tard, l’Open devant nous peine à abattre (en bateau abattre signifie s’éloigner de la direction du vent). Nous ne pouvons pas passer la bouée en une fois, nous faisons donc une manœuvre (un peu bizarre certes) mais le résultat est là. On la passe. Le bord suivant est plus court et ‘plein cul’ (vent venant de derrière).

Les bateaux nous suivants tentent un envoi de spi (ça me rappelle des mauvais souvenirs… genre La Rochelle, on est en tête, on voit le grain arriver mais on est devant, on va quand même pas laisser les autres envoyer le spi et pas nous…). Bon la ça s’est quand même un peu mieux fini, on a pas démâté… On tente donc un envoi de spi. Le problème c’est que je n’ai pas réussi à le faire monter jusqu’en haut avant qu’il ne se gonfle (après c’est même plus la peine d’essayer surtout avec 25kn de vent). Il faut donc l’affaler, mais je sais pas trop comment ça s’est produit, au début on a bien réussi à le ramener mais un bout traîne dans l’eau et entre la vitesse du bateau, le vent et cie, on a vite fait de ne plus pouvoir le retenir et le tout passe à l’eau… imaginez chaluter derrière le bateau une voile de 90m²… ça aide pas et ça flingue la voile… Et d’autant plus qu’on a pas réussi à le ramener, il a fallu arrêter le bateau (pas si facile et rapide à dire qu’à faire) et c’est à ce moment qu’il est passé sous le bateau, s’est pris dans le safran, la quille et tout se qui traîne sous le bateau, genre hélice… On remonte à bord des lambeaux de tissus… on ramasse tout se qui traîne dans l’eau et on repart avec notre petite voile d’avant. On vire (passer d’un bord à l’autre en passant face au vent) pour empanner (passer d’un bord à l’autre en passant vent derrière), c’est moins rapide mais plus safe. Nous sommes maintenant au reaching (vent de travers), et tous les poids sont reculés au max (ça évite au bateau d’enfourner dans les vagues avec la vitesse), le hâle bas est choqué à fond (moins de puissance dans la grand voile). Et c’est parti pour rentrer dans le goulet. A ce moment la, nous voyons Groupama 3 (aller voir sur un site qui doit ressembler à www.cammas-voile.com pour apprécier les dimensions de la bête) qui sors gentiment du goulet sous 2ris (il a diminué d’environ 30% la taille de sa grand-voile), trinquette (la plus petite voile d’avant qu’il puisse porter). Il soulève tranquillement un flotteur et on voit rapidement sa fumée disparaître devant les tas de pois.

Pendant ce temps la, notre bateau à nous continue d’avancer… A ce moment la, même si nous avion eu un spi, je ne pense pas qu’on aurait pu le garder… Vitesse mini du bateau 7kn (ce qui était notre vitesse max avec le vent de face)… mais avec la houle la vitesse augmente rapidement dans les surfs…. 11, 12, 13, voir même 14 et record du bateau 15kn…

L’écume que soulève la coque fait apparaître à chaque surf, notre arc-en-ciel particulier ! (un peu de poésie). Enfin bref, quand même bien dégoûtés et vénère sachant qu’on s’est déchiré au près pour le retour sous spi… mais y a plus de spi ! Et puis le vent molli, tout le monde est gelé, trempé, on se fait rattraper par les bateaux de derrière au niveau de la Pointe de Espagnols, du coup on shinte les deux dernières bouées, manche abandonnée.

On rentre au port, vide les 200litres d’eau du bateau.. et tout se fini au ‘Tour du Monde’.

 

Au final on aura donc fini aucune des deux régate du week-end, mais je me suis quand même bien fait plaisir sur l’eau. Et voila, dernière régate de la saison, sûrement dernière régate à Brest avant un bon moment… MERCI BEAUCOUP AUX JAKALLS.

 

Publié dans La Voile

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